A un moment, quand j’ai pensé à devenir entrepreneur, j’ai passé en revue mes qualités, mes points forts. Tu sais, pour me rassurer un peu, pour me dire « moi je suis comme ça, alors je peux y arriver »… D’ailleurs, je te conseille de le faire ! Parce qu’on peut trouver des pépites en creusant en soi ! Trouver sa singularité, de la confiance…
Ca, une qualité ?!
Quand j’ai entamé cette phase-là, encouragée par ma coach, j’ai cherché en moi ce que je considère comme mes points forts, d’une part. D’autre part, j’ai demandé autour de moi, à des amis proches et à d’anciens collègues. C’est une démarche que je recommande à 100% parce qu’elle peut faire émerger des choses que l’on n’arrive pas toujours à bien décrire soi-même ! En l’occurrence, une particularité revenait sans arrêt. Les plus âgés de mes collègues disaient que j’avais « l’art de la répartie », mes amies que j’envoyais de sacrées piques et les les plus jeunes de mes confrères de reprise d’étude que je « balançais de sacrées punchlines ». Alors, déjà, je dois dire que c’est quelque chose que je ne considère PAS comme une qualité. Parce que, couplé à une nature souvent impulsive, cette répartie facile m’a parfois joué des tours ! (comprendre = plus jeune, je suis parfois allée trop loin avec des collègues qui me cherchaient… mes mots, bien que censés être drôles ou piquants, ont dépassé ma pensée, avec des conséquences désastreuses pour ma pérennité dans le job en question !). Du coup, ça fait très longtemps que j’essaie de tourner 7 fois ma langue dans ma bouche avant de parler… pour éviter ces situations ! Et là, bizarrement, non seulement des collègues avaient remarqué ça chez moi, et en plus, c’était considéré comme positif ! Ca m’a complètement déroutée… En plus, franchement : qu’est-ce que je pouvais bien faire de cette « qualité » en tant qu’entrepreneur ??! A part me mettre dans des situations à la limite du conflit…Là où je mène l’enquête et je découvre une capacité positive !
Ma coach m’a poussée à « enquêter ». Je suis revenue vers ces personnes pour leur demander d’expliciter un peu… Il en est ressorti que je savais être drôle au moment où la situation se tendait. Que j’étais volontiers ironique ou que j’avais un bon mot quand les choses menaçaient de déraper. Ou quand il fallait trouver un regain de motivation. Ou quand une division apparaissait dans une équipe. Lors d’une conversation avec une ancienne chef de service, elle a réussi à résumer tout ça en me disant : « en fait, tu es forte pour dédramatiser les situations ». Ah, oui, je voyais mieux ! Ca m’a fait tilt ! Décrit de cette manière, ça m’a paru positif… et juste ! Parce que je ne balance pas des réparties bien senties à longueur de journée…. Loin de là !
Je ne fais pas non plus le clown pour amuser mon entourage… J’ai repris avec ma coach ce qui était positif en tant qu’entrepreneur dans ce truc pas si négatif de répartie/punchline. Je ne l’aurais pas relever moi -même, mais c’est vrai que je suis forte pour dédramatiser les situations, les rendre amusantes, les rendre moins insurmontables, ou pour faire un pas de côté quand la tension prend le dessus. Heureusement ma coach m’a incitée à aller comprendre ce qu’était en réalité cette qualité « qui ne sert à rien ». En approfondissant, elle est le reflet d’un point fort qui sert bien à quelque chose dans l’optique d’entreprendre ! Quelque chose que je ne considérais pas du tout dans mon aventure entrepreneuriale. Mais qui, une fois décryptée, est une qualité sur laquelle j’ai décidé de m’appuyer pour entreprendre, et même de mettre en avant. C’est en partie à ça que sert le travail de coaching. A chercher en soi, mais aussi à décrypter ses interactions, à sortir de sa zone de confort en allant interroger les autres. A être soutenue pour repérer et prendre confiance en ses singularités. Parce qu’entreprendre en se connaissant, en percevant ce que les autres apprécient chez nous professionnellement, c’est un vrai plus, un gain de temps…. Et une belle leçon sur la façon dont on n’a pas conscience d’avoir plein d’atouts dans notre manche… même les plus improbables à première vue ! La photo, c’est moi à l’âge de 10 ans… une époque où j’aimais vraiment faire le clown !